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Affaire « une institutrice violée « .

ByAssi Nestor

Oct 12, 2021

J’ai pris le temps, ce jour, de vérifier les informations relatives au viol d’une enseignante à Sandegué, dans le département de Bondoukou.

J’ai lu le communiqué du ministère de l’éducation nationale et de l’Alphabétisation que je trouve comme étant un service minimum.

De mon point de vue, le ministère, au-delà de la condamnation de forme aurait dû se prononcer sur l’élément de fond, qui a favorisé la commission, en toute quiétude, de ce crime: les horribles conditions d’hébergement de cette malheureuse institutrice.

J’ai lu également les publications de nombreux enseignants membres du MIDD, m’appelant à réagir sur ce drame.

Comme tous les Ivoiriens, je partage leur indignation et j’apporte ma solidarité à l’institutrice agressée.

Ce drame est la conséquence d’un ensemble d’irresponsabilités.

D’abord l’irresponsabilité des responsables régionaux et départementaux de l’éducation nationale qui ont pu accepter qu’on livre une jeune femme dont le tort a été de vouloir donner le savoir, à l’insécurité, dans une cage, seule,  au milieu de nulle part.

Ces responsables locaux de l’éducation nationale, ne peuvent pas prétendre qu’ils ne savaient pas que cette malheureuse institutrice a été livrée à la mort dans ce lieu.

Une enquête devrait être lancée pour situer leurs responsabilités dans ce drame.

Ensuite du ministère de l’éducation nationale, donc de l’État qui, depuis des décennies, n’a jamais mené de réflexions profondes pour identifier des mesures d’accompagnements efficaces au bénéfice des fonctionnaires affectés dans des lieux où tout manque. 

On ne peut pas continuer à livrer des agents de l’État, à l’insécurité, sans prendre des dispositions pour réduire ou compenser leurs souffrances.

Depuis 2003, le transfert de compétences aux collectivités, par une loi, est effectif sur le papier. 

Cependant, dans les faits, de 2003 à ce jour, les ministères ont mis en place des freins à l’application de cette loi et les pouvoirs transférés aux élus locaux pour construire les infrastructures nécessaires, sont restés des coquilles vides. Parce que les ressources qui devraient accompagner ce transfert de compétences sont restées bloquées dans lesdits ministères.

Les maires et les présidents de conseils régionaux sont chargés de construire les écoles primaires et secondaires et des logements sociaux au bénéfice des populations et des fonctionnaires affectés dans leurs circonscriptions.

 Mais les ressources pour exercer ces compétence n’ont jamais été libérées par les ministères, lesquels continuent de tout gérer depuis Abidjan, de construire des écoles depuis Abidjan, continuent d’affecter des enseignants dans des zones déshéritées où ils sont livrés aux scorpions, aux serpents, aux voleurs et aux violeurs.

Il faut mettre fin à ces réalités qui n’honorent pas notre pays. L’effectivité de la décentralisation est l’une des solutions les plus efficaces pour réduire les disparités de développement entre les régions du pays.

Enfin, ce qui est arrivé à cette pauvre institutrice est aussi la conséquence  du mépris qui est parfois servi aux fonctionnaires par les populations qu’ils doivent servir.

 Ces populations, y compris parfois des  élus locaux, qui laissent des fonctionnaire et ici une femme seule à la merci de tous les dangers.

Il faut que tous, nous comprenions qu’il est de notre responsabilité d’œuvrer pour que ceux qui sont  au service de nos populations pour le compte de l’État, soient en sécurité partout, dans l’exercice de leur mission.

J’appelle les forces de l’ordre de la zone à tout mettre en œuvre pour retrouver l’auteur de ce crime afin que la rigueur de la loi s’applique à lui.

J’invite le ministère de l’éducation nationale à retirer cette institutrice de cette zone et à l’affecter loin de Bondoukou et à lui accorder au moins trois mois hors des classes, pour se reconstruire moralement. J’invite le ministère à lui offrir,  à ses frais, un soutien psychologique efficace.

Dans la réforme législative que je porterai en 2021, il y a un nouveau dispositif pour engager l’Etat à offrir aux femmes, une protection plus forte contre toutes les atteintes à leur intégrité physique et morale, que cela soit dans le cadre privé, public, professionnel ou familial.

Fait le 11 octobre 2021.

ASSALE TIEMOKO ANTOINE, DÉPUTÉ DE LA NATION.

Assi Nestor/Assayie.net