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Docteur GNAPIA Eddy Brice appel à la réforme du système éducatif ivoirien et exhorte la jeunesse au travail et propose l’entreprenariat comme solution au chômage.

Bysow

Fév 5, 2021

1- Bonjour monsieur. Pouvez-vous présenter ?

Bonjour, je suis Dr GNAPIA Eddy Brice, Enseignant chercheur à l’INPHB de Yamoussoukro. Je suis également consultant formateur en Criseologie  et Management et passionné d’entreprenariat

2- Alors est ce qu’on peut savoir un peu, quelles sont vos activités principales ou vos actions mener dans le monde universitaire et en Côte d’Ivoire ?

Je suis enseignant chercheur comme je l’ai dit d’entrée de jeux à l’INPHB de Yamoussoukro mais avant ça, je suis un citoyen qui a acquis une certaine expertise qu’il met aux services de la communauté. Vous avez bien remarqué que depuis quatre ans, le niveau de violence a baissé au niveau des universités. Parce que nous sommes allés au contact des jeunes pour leur expliqué que c’est vrais, qu’ils étaient une génération sacrifié que je mets à la voix passive mais aujourd’hui il faut qu’ils vivent à la voix active. C’est-à-dire une génération qui se sacrifie pour son bien-être. Donc depuis quatre ans le niveau de violence a baissé, ça n’a pas été facile, Il y a eu des obstacles que nous avons surmonté avec l’apport des uns et des autres. Donc ça c’est notre plus grande satisfaction et aujourd’hui, après avoir mis fin à la violence, il s’agit pour nous de transformer cette jeunesse, ces étudiants en créateur d’emploi. C’est notre prochain objectif.

3- Alors vous êtes Docteur et enseignant chercheur à l’INPHB, éminente personnalité publique, entrepreneur et un homme engagé, comment se porte ce métier, ce secteur dans lequel vous exercer aujourd’hui et comment vous arriver à faire la symbiose de toutes ses fonctions et qualités ?

J’étais d’abord consultant formateur et en 2014 lorsque je soutenais à une thèse de doctorat en anglais, littérature anglophone, j’ai été recruté pour le compte de l’Etat à l’INPHB de Yamoussoukro. Donc j’avais déjà une organisation, jeune enseignant chercheur, je donne mes cours, je fais mes recherches, je fais des productions. J’ai encore du temps, je vais entreprendre, m’investir dans les communautés pour apporter ma contribution à ceux bien entendu qui sont dans le besoin. Donc, c’est d’abord une question d’organisation et d’action.

4- Est-ce qu’on peut savoir depuis combien de temps vous exercer ce métier ? Et quelles peut être en résumé les grands projets que vous avez réalisé depuis que vous êtes là, dans le monde universitaire ?

Le métier d’enseignant chercheur, comme je l’ai dit c’est depuis 2014 et là nous sommes en 2021 donc ça fait maintenant six (06) ans mais avant ça j’exerçais le métier de consultant formateur depuis 2004. Vous voyez un peu? Les gens confondent un peu ces deux casquettes. En tant que consultant formateur en Criseologie  et Management, j’ai fait tous les continents : l’Amérique, l’Asie, l’Europe, l’Afrique. Donc, je suis revenu un peu au pays pour des questions familiales. Parce qu’il fallait construit une famille mais je pense que la mission reste la même, c’est d’impacter positivement la vie de ceux avec qui nous sommes en contact.

5- Docteur GNAPIA Eddy Brice, comment vous basculer dans la littérature ?

C’est plutôt l’inverse. Je suis d’abord littéraire à la base. J’ai eu un bac littéraire, j’ai fait la faculté de lettre notamment l’anglais à l’université, j’ai fait une thèse de doctorat en littérature donc c’est normale que je vienne et vive ma passion. Je suis littéraire à la base mais avec un profil manager et entrepreneur. Donc c’est vrai que ma personnalité prenne le pas sur les autres mais j’ai des ouvrages que je suis en train de publier au fur et à mesure

6- Et si l’on demandait, qu’est ce qui fait la particularité de Docteur GNAPIA Eddy Brice, qu’est-ce que vous direz ?

C’est l’audace et l’action. C’est tout.

7- Alors qu’est-ce que vous pouvez dire du monde universitaire aujourd’hui à une période où beaucoup de personne n’y croit plus, pense que l’école ne garantit plus d’emploi et est fait pour les enfants des riches parce que cher?

Je vais peut-être être un peu amère. Notre système universitaire est très obsolète, ça ne peut que former des chômeurs. Pourquoi ? Parce qu’il y a un décalage entre ce qui est appris et les réalités du monde de l’emploi. J’insiste là-dessus. Le système universitaire ivoirien a quinze (15) années de retard sur le marché de l’emploi. Tous ceux qui sortent de l’université avec des licences ou bien des masters ne peuvent pas tous profiter des emplois de masters. Souvent le concours de CAFOP, je n’ai rien contre ce concours et l’enseignement primaire, allez faire un BAC + 4 puis venir faire un concours de niveau BEPC alors il un décalage dans le système. Or ce concours ne peut pas absorber tous les demandeurs d’emplois. Il y a des filières et matières à revoir. Et ces problèmes que nous voyons sont d’abord systématiques. Même si on change les présidents des universités, même si on augmente les taux de scolarisation, ça ne va pas résoudre le problème. Pourquoi? Parce qu’aucune norme ne respecte le système LMD. Le système LMD, c’est un enseignant pour 24 étudiants. Alors l’exemple que je vais prendre, c’est celle de l’Université Félix Houphouët Boigny. A l’université de FÉLIX Houphouët Boigny de cocody, c’est un enseignant pour 650 étudiants. Le système LMD c’est la semestrialisation, c’est-à-dire six (06) à neuf (09) mois pour une année académique. Ici nous avons des années universitaires qui vont jusqu’à dix-sept (17) mois. Dans le système LMD, l’inscription d’une thèse c’est quarante-cinq (45) jours. Ici à l’université de Cocody vous verrez des inscriptions de thèse qui vont jusqu’à quatre ans (04). Aucune université ivoirienne n’est dans le TOP 200 des universités d’Afrique. En 2016 nous étions avec l’université Alassane Ouattara de Bouaké, nous étions aux cent soixante deuxième (162 ème) places. Depuis 2017, les autres ont bossés, nous nous sommes où ? Le Burkina Faso est classé, le Bénin est classé, le Ghana est dans le top 20 donc classé mais la Cote d’Ivoire n’est pas classée. Individuellement pris, les enseignants ont des compétences, les étudiants veulent aller à l’école mais collectivement on est contre performant. Pourquoi ? Parce qu’il y a des normes systémiques qui ne sont pas respectés. C’est d’abord un déficit de management qui est très obsolète par rapport aux réalités d’aujourd’hui. On ne va que former des chômeurs contre performants sur le marché de l’emploi si on reste dans ce système.

8- Nous savons que cette année est marquée par la pandémie à Corona virus Covid 19, est ce qu’il a eu un impact sur vos activités ou actions ?

Oui ça eu un impact mais un impact positif. A la base nous sommes un gestionnaire de crises donc on avait déjà anticipé tout ça. Aujourd’hui toutes nos formations vu de nos activités sont passées en ligne et depuis que nous sommes passé en ligne, nous avons des clients depuis les Etats Uni, l’Europe, le Canada, le Burkina Faso, le Mali, etc. Ceux qui n’étaient pas à Abidjan qui sont à Soubré, à l’intérieur de la Cote d’Ivoire suivent nos programmes. Donc pour ça eu un impact positif.

9- Alors, monsieur GNAPIA Eddy, vous êtes Docteur, Enseignant Chercheur à l’INPHB, quel est donc le message que vous pouvez lancer aujourd’hui, d’abord à tous vos partenaires du système éducatif , à l’Etat de Côte d’Ivoire et à la jeunesse également ?

Au partenaire du système éducatif, nous sommes dans un monde de compétition, c’est très important, le résultat, la culture de la performance et du concret sont très important pour nous aujourd’hui dans ce monde où  nous sommes. Si nous ne sommes pas dans le pragmatisme et si nous restons dans la théorie on aura beau avoir toutes les ressources naturelles mais à la surface on sera pauvre. La richesse que vous voyez c’est d’abord liée à la qualité de la connaissance. Si vous avez les ressources naturelles au sous-sol et que votre système de connaissance est pauvre, vous serez pauvre. La preuve nous avons toutes les ressources, le  cacao, café, manganèse, bauxite… Ces pays que nous appelons pays développés n’ont pas toutes ces ressources mais sont pays développés. Pourquoi ? Parce qu’ils investissent dans la recherche, ils investissent dans le développement et dans la connaissance. Et c’est ce savoir qui transforme les ressources du sous-sol en richesse à la surface, qui transfert les connaissances et les richesses que nous avons en comptes en banques. Or nous n’avons pas encore ce système, pour l’instant, il est très faible. Donc la connaissance est égale à la puissance et la puissance est égale à la voie et la voie est égale au savoir. Ça c’est ce que je voulais dire aux partenaires du système éducatif. Il faut laisser la place à la compétitivité et à la méritocratie. A l’Etat, nous investissons à perte dans le système éducatif. C’est un investissement à perte. L’éducation c’est quarante-cinq pourcent (45%) de notre budget qui tourne autour de huit mille zéro soixante un milliards et l’éducation n’arrive pas à produire la richesse. Pourquoi ? Parce qu’elle est obsolète. Donc on a le choix, on peut multiplier les universités et les écoles mais si le mode d’enseignement, les matières enseignés sont celles de 1960, 1970, on ne pourra pas préparer les cerveaux pour saisir les opportunités de  2025, voire plus. C’est ce qu’on appelle la causalisation intellectuelle. Il croit qu’il sait mais ça ne correspond pas aux offres sur le marché de l’emploi donc il est au chômage. La conséquence c’est le chômage, c’est la violence. Pourquoi ?  Parce que ça ne correspond à rien. Il faut reformer. Nous avons faire des propositions courageuses et claires dans un livre que nous avons mis sur le marché qui est le système éducatif que la Cote d’Ivoire mérite. Ceux qui l’on lut ont vu la différence. C’est vrai qu’il y a des cerveaux mais il ne sert à rien de se taper la poitrine que nous sommes riche alors que nous sommes toujours pauvre. Aux jeunes, à chaque génération sa mission. Ceux qui ont eu le doctorat dans les années 1960-1980, je le dire avec beaucoup de courage ne peuvent pas reformer le système éducatif aujourd’hui. Il appartient aux jeunes de vivre ces réalités, de faire des propositions. Lorsqu’aujourd’hui, nous intervenons sur Facebook, c’est un étudiant de 24 ans qui a créé cette application. Il n’a pas attendu le président Henri Gan  des années 1970 pour le faire. Si nous n’agissons pas, nous ne prenons pas des initiatives pour améliorer notre quotidien, on va toujours former des chômeurs dépassés, des demandeurs d’emploi alors que les emplois, il y en a plus. Il faut en créer, pour créer il faut de la compétence et de la créativité. Je les invite à laisser un peu cette mentalité d’assister, de pauvreté, statique, de plainte. On ne construit pas une nation avec une jeunesse qui se plaint, qui pleurniche. La jeunesse doit se battre. C’est de ça qu’il s’agit. Et dans tous ce que vous me voyez comme actions, je ne me plains jamais. Pourquoi ? Parce que le changement dépend de l’individu. S’il est prêt à changer, sa situation va changer. C’est bien d’accuser l’Etat et dire que l’Etat ne fait rien pour nous mais qu’est-ce que nous faisons pour nous même ? C’est pourquoi nous lançons un vaste programme que nous avons appelé « Entrepreneuriat  et paix sans frontière » pour former les gens à l’intelligence politique. Parce  que le contraire de l’intelligence, c’est la bêtise. Former les gens à l’intelligence économique et à la gestion et à la création d’entreprise. C’est le vaste programme que nous avons lancé et les effets sont déjà visibles. C’est lent mais visible. C’est un peu le message que nous avons à lancer.

Docteur Eddy Brice, quel est votre mot de fin ?

Mon mot de fin c’est d’abord des remerciements, vous avez pris votre temps pour venir à nous. C’est ça le rôle du journaliste, aller interroger ce qui est interrogeable, aller interroger ce qu’on doit écouter et c’est ce que vous faites. Je tiens à vous remercier pour cela. Je dirais également aux ivoiriens et aux africains que le monde ne nous jugera pas sur la gravité de nos problèmes mais notre capacité à les résoudre et c’est de ça qu’il s’agit. C’est pourquoi nous avons lancé le slogan « l’option n’est plus une option mais Dieu est dans l’action.»

ASSI NESTOR