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Message de fin d’année de Guillaume SORO : « L’exil est le chemin emprunté par tous les grands hommes.»

ByAssi Nestor

Jan 8, 2022

Guillaume Kigbafori SORO a échangé ce 31 décembre 2021 avec toutes les entités de son mouvement politique, Générations et Peuples Solidaires. Comme il a l’habitude le faire, à la faveur de son traditionnel message de fin d’année aux ivoiriens. Contrainte d’exil oblige, c’est par le biais de sa plateforme sociale, suivie par des milliers d’ivoiriens, que le mentor de GPS a répondu à de nombreuses préoccupations. Dans cette première partie de ces échanges que nous vous proposons, Guillaume SORO a abordé divers sujets. Notamment son exil, son retour manqué du 23 décembre 2019 et a réitéré sa foi à l’aboutissement du combat de Génération et Peuples Solidaires.

« Mesdames et messieurs des délégations que nous avons vues, YAO Soumaïla de R-GPS, j’espère que les autres délégations vont nous rejoindre en cours d’échange. J’ai noté les préoccupations que vous avez évoquées.
J’ai entendu quelqu’un dire sa tristesse parce que je suis en exil. Je vous demande ne pas être triste. Car l’exil fait partie de la vie des hommes politiques, des hommes d’État. Beaucoup avant moi, ont été en exil. C’est pourquoi, quand j’étais encore au pays, j’étais contre l’exil. Je ne suis pas à mon premier exil, j’en suis à mon troisième. Et je voudrais vous rassurer, que c’est un cheminement peut-être difficile, mais je finirai par rentrer dans mon pays.
Je vous disais tout à l’heure que de grands hommes ont connu l’exil. Le Président Félix Houphouët-Boigny a été en exil. Le Président Bédié a connu sa période d’exil, d’ailleurs je salue le Président Bédié pour toute l’affection qu’il m’accorde. Le Président Gbagbo aussi a été en exil et même, le Président d’alors, Alassane Ouattara a été lui aussi en exil. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le journal français ‘’Libération’’ de ces année-là, qui le dit. Je lis ceci,
dans ce journal daté du 13 février 2001 :
« Ouattara, Ivoirien exilé et amer. Isolé à Paris, l’opposant voit fondre ses soutiens internationaux, alors que des cadres de son parti sont arrêtés à Abidjan.» Quand on lit cet article, on a le sentiment que l’histoire se répète.

Mais je vous dis ceci : gardez la foi, gardez la sérénité, chers amis de la grande famille GPS. L’exil finit toujours. Regardez dans d’autres pays. Je vous ai cité les hommes politique ivoiriens qui ont été en exil. Le grand Mandela aussi, il a été en exil en Algérie. Est-ce que vous savez que le grand Mandela a été interdit, avec toute la direction de l’ANC, de voyager aux États-Unis ? Parce que les États-Unis considéraient l’ANC comme une organisation terroriste et ses dirigeants étaient catalogués comme des terroristes. Allez fouiller, vous verrez que l’ANC a été interdit en 1960. Quelqu’un a parlé de dissolution de GPS. J’ai entendu dire aussi qu’il y a des menaces de dissolution du PDCI-RDA. Moi, je suis serein, je garde ma sérénité. Comment peut-on dissoudre une idée, une philosophie, une âme, un esprit ? Oui, mon corps physique, fait de sang, de muscle, de chair, on peut le dissoudre dans de l’acide comme ils l’ont fait pour Lumumba. Mais mon âme, on ne peut pas la dissoudre. On ne peut pas dissoudre des idées philosophiques, idéologiques, politiques que je porte. On ne peut pas dissoudre notre cause.
C’est pourquoi, je vous demande de redoubler d’ardeur. La brutalité qui a frappé GPS, n’a pas entamée la détermination des uns et des autres, à faire en sorte que notre mouvement grandisse. Je vous l’ai dit, on a tenté de dissoudre l’ANC. L’ANC a été interdite de 1960 à 1990. Ce n’est pas eux qui dirigent et gouvernent leur pays depuis 1994 à aujourd‘hui ?
Donc, je demande aux militants de GPS, d’être sereins. Mais ce qu’il faut, c’est l’unité de l’opposition politique. Quand on dit dissolution de GPS, certains sont assis, ils regardent GPS se battre. J’ai entendu certains d’entre eux même dire, que GPS est dissout. Mais GPS est dissout comment ? Si on laisse faire, demain, ce sera autour du PDCI et des autres partis… C’est pourquoi, je vous demande de garder confiance.
J’ai entendu aussi quelques préoccupations sur le 23 décembre 2019. Je ne sais plus c’est quelle délégation qui l’a évoqué, je crois que c’est l’Indénié-Djuablin qui s’est indigné qu’un de leur fils ait dit que j’ai voulu faire un coup d’État le 23 décembre. Je dénonce vigoureusement, la tendance qu’a l’actuel gouvernement, l’actuel régime à criminaliser les hommes politique en Côte d’Ivoire. Pour peu que vous veuillez vous présenter à la présidentielle, on vous attaque, on vous accuse de tous les péchés d’Israël pour pouvoir trouver un prétexte pour vous condamner.
Mais, le 23 décembre 2019, doit rester un cas d’école. Quelqu’un qui envoie ses collaborateurs voir les autorités du pays, pour leur demander l’autorisation de rentrer et d’atterrir à l’aéroport, veut faire un coup d’État ? Je n’ai pas encore vu ça en Afrique. Comme, je ne connais pas ce qui se passe dans le monde entier, peut-être que cela a eu lieu quelque part sur le globe terrestre. Mais tout de même, comment, alors que tout était transparent, cela peut-il être possible ? Celui dont vous parlez, alors que ce n’est pas moi qui ai décidé à cette date de rentrer en Côte d’Ivoire. Moi, j’étais en Europe, alors que je continuais mes tournées, ce sont mes camarades d’Abidjan qui m’ont dit : monsieur le Président, il est temps que vous retourniez en Côte d’Ivoire pour procéder à l’implantation de GPS. Et que l’élection se gagne en Côte d’Ivoire. Ce que je vous dit ici, écoutez. Je leur ai dit qu’il fallait qu’ils se réunissent d’abord sur cette question. Où est Messou Kouablan ? J’ai demandé que GPS fasse une réunion, pour apprécier les conditions de mon arrivée. Premier élément. Deuxième élément, je leur ai dit de me fixer une période, pendant laquelle je pouvais venir en Côte d’Ivoire. Si Messou est là il peut témoigner. Si Madame Bonifon est là, elle peut témoigner.
Non seulement ils se sont réunis, mais ils sont allés au-delà de ce que j’ai demandé. Moi j’avais demandé une période, eux, ils m’ont fixé une date qui a été le 22 décembre. Ce n’est pas moi qui ai fixé la date du 22 décembre. Ce sont mes camarades réunis à Abidjan qui m’ont fixé la date du 22, en tenant compte de certains paramètres, tels la fête de Noël où je devais être présent pour procéder à la distribution des jouets. Je m’en suis plaint à l’un et à l’autre. Je leur ai dit : vous me coincez, je vous demande une période, et vous annoncez une date. Bon ! Comme je suis démocrate, et que vous l’avez tous décidé, je décide donc de prendre l’avion pour rentrer. Quelques jours avant mon arrivée, ils se sont encore entretenus et ils m’ont dit que les autorités ivoiriennes, j’insiste et pour cause, que les autorités ivoiriennes ont été informées. Ils m’ont dit que la réponse du gouvernement était qu’il fallait reporter le retour au 23 décembre. Donc, je ne rentrais pas contre l’avis du gouvernement ivoirien, je rentrais avec l’accord du gouvernement du gouvernement ivoirien. Ils ont dit le 23 décembre, j’ai décidé de rentrer le 23 décembre. D’ailleurs, ils m’ont fait perdre de l’argent. Parce que j’ai immobilisé un avion le pour le 22, j’ai payé gratuitement. J’ai immobilisé encore un nouvel avion le 23 et j’ai décollé. Et c’est en l’air, qu’on m’a appris qu’il y avait du grabuge à Abidjan.
Comme je le dis, c’est un cas d’école qu’on doit étudier au FBI et aussi on doit faire étudier ce cas d’école là par le FBI. Quelqu’un qui veut faire un coup d’État contre un gouvernement, qui négocie avec ce gouvernement pour rentrer, qui prend son avion et rentre le jour fixé par ce gouvernement. Est-ce que le 19 septembre 2002 c’était comme ça ? Donc, il faut qu’on arrête.
En réalité, autour d’Alassane Ouattara, tourne une nébuleuse qui, depuis 2013, lui faisait des rapports quotidiens disant que Guillaume SORO veut faire un coup d’État. Mais ils ont raison de dire que Guillaume SORO veut faire un coup d’État ! Comme, quand en 2010, nous étions coincés au Golf et qu’il n’y avait aucune solution, et que je me suis battu avec bien d’autres pour renverser la situation à notre avantage , c’est pourquoi aujourd’hui, ils peuvent dire que je veux faire un coup d’État. Mais je suis serein. Je suis absolument serein.
Dans tous les pays en Afrique de l’Ouest maintenant, c’est presque devenu une pratique. Quand quelqu’un veut être candidat, on dit tout de suite qu’il est terroriste, ou qu’il veut faire un coup d’État. On lui donne 20 ans de prison, et il faut que cela cesse. Il faut que cela cesse. Cela ne peut pas continuer. On ne peut pas bâtir la Côte d’Ivoire ainsi. Il faut que nous allions au pardon et à la réconciliation et ça, c’est très important.

Je suis là aujourd’hui devant vous, pour vous dire que je suis un fervent partisan de la justice.
Donc, pour le 23 décembre 2019, les gens peuvent raconter ce qu’ils veulent. La justice ivoirienne, elle est aux ordres malheureusement et est incapable de lucidité. C’est pourquoi, la Côte d’Ivoire perd tous ses procès à l’extérieur. Quand ils ont parlé de cette affaire de coup d’État, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, a déclaré que c’était un procès politique et que j’avais le droit d’être candidat à l’élection présidentielle.
Certains qui se moquent et qui me moquent, qui disent, « oui, Guillaume a dit qu’il n’y aurait pas d’élection en 2020. Ah ! Il y a eu élection en Côte d’Ivoire ! » Le grand Alassane Ouattara du FMI, le tout premier Premier ministre d’Houphouët-Boigny, il n’a pas trouvé quelqu’un d’autre en Côte d’Ivoire comme adversaire à sa taille, si ce n’est pas d’aller chercher KKB pour venir le gagner et puis dire qu’il a gagné élection ? Franchement ! Guéi a fait mieux. Guéi a écarté tous les candidats, mais, quand-même il a affronté un opposant de poids, Laurent Gbagbo. Mais KKB qui est mon camarade de FAC, qui ne pouvait même pas, bon enfin… Je ne me moque pas de KKB, c’était un ami de l’université. KKB je le salue très bien, mais gagner une élection devant KKB, je pense qu’on ne peut pas en être fier.

En revanche, ce que je puis dire, c’est qu’il faut que nous puissions bâtir un État de droit, un État libre et démocratique.
C’est ce que je peux donner comme réponse pour le moment. Je reviendrai sur certains sujets, si vous le voulez bien. Si les autres délégations sont prêtes, nous pouvons continuer. Parce que je veux pouvoir saluer chaque délégation.
Donc chers adhérents de GPS, l’histoire du coup d’État du 23 décembre 2019 n’est qu’une manipulation. Il y a des hommes autour d’Alassane Ouattara qui avaient intérêt à ce que je disparaisse de la Côte d’Ivoire. Il y a des hommes qui avaient intérêt que je sois maintenu en exil. Parce que pour eux, si j’étais en exil, le boulevard était ouvert pour eux pour devenir Président. Mais sachez que si le destin de l’homme appartient à 70% à Dieu, et 30% pour l’homme même, ce qui n’est pas pour toi, tu peux te battre, te battre avec toute ton énergie, mais à trois seconde de t’asseoir sur ton fauteuil, tu tombes raide mort. C’est pourquoi, à Niakara, j’ai dit et je le répète : Seigneur Dieu, c’est toi qui connait le cœur de tout un chacun. Moi je ne suis pas un obsédé, si tu sais que Guillaume SORO avec GPS, gagne une élection en Côte d’Ivoire, il va travailler à la tranquillité à la paix, Dieu ton heure sera la nôtre. C’est ce que je voulais vous dire ».

Propos retranscrits par JIM/ Assayie.net