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Noix de cajou : La CNUCED s’alarme du manque de transformation par les pays africains.

ByAssi Nestor

Mai 7, 2021

Dans un rapport publié ce 15 avril 2021, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) s’est alarmée du manque de transformation de la noix de cajou par les principaux pays producteurs africains, avec à leur tête la Côte d’Ivoire.

En effet, bien que fournissant environ 90% des noix de cajou brutes commercialisées sur le marché mondial, le rapport souligne les pays africains décortiquent moins de 15% des noix du continent sur place, faute d’industries de transformation ; le reste étant exporté principalement vers l’Asie, où 85% des noix de cajou du monde sont décortiquées, ajoutant de la valeur au produit.

L’Inde et le Viet Nam totalisaient notamment environ 98% des importations mondiales de noix de cajou brutes entre 2014 et 2018.

“Les pays qui cultivent des noix de cajou mais ne les transforment pas à une échelle significative ne retiennent qu’une petite part de la valeur créée lorsque la noix passe de la ferme au magasin”, indique Miho Shirotori, responsable des négociations et de la diplomatie commerciale à la CNUCED.

Les pays africains ne tirent donc pratiquement aucun profit de la culture de cette spéculation surtout au moment son appétit ne fait que croître sur les marchés internationaux.

Entre 2000 et 2018, le commerce mondial de noix de cajou brutes a plus que doublé pour atteindre 2,1 millions de tonnes dont près des deux tiers de cette croissance sont le fait des producteurs africains, tirée essentiellement par la dynamique de la production ivoirienne. Celle-ci s’est en effet établie à près de 850 000 tonnes en 2020, en nette hausse de +33,7%, selon les chiffres officiels.

En outre, la consommation mondiale d’amande de cajou aurait progressé de +12,3% en 2019 et de et de +14,7% dans les pays non producteurs.

Le rapport précise que davantage de valeur est ajoutée en Europe et en Amérique du Nord, où 60% des noix commercialisées sont torréfiées, salées, emballées et consommées en accompagnement d’apéritifs ou incorporées dans une boisson, une barre nutritive ou dans d’autre produit.

Bien qu’il soit difficile d’évaluer le manque à gagner pour l’Afrique, le rapport fournit des calculs indicatifs.

En 2018, par exemple, les prix à l’exportation des noix de cajou de l’Inde vers l’Union européenne (UE) étaient environ 3,5 fois plus élevés que ceux payés aux producteurs ivoiriens de noix de cajou, soit une différence de prix de 250%.

Ensuite, les prix des noix de cajou, après une deuxième étape de transformation dans l’UE, étaient environ 2,5 fois plus élevés que lorsque les noix étaient exportées de l’Inde. Ces prix sont in fine environ 8,5 fois plus élevés que ceux pratiqués en Côte d’Ivoire.

Pour corriger cette situation, les auteurs du rapport insistent sur une appropriation de la chaîne de valeur de la noix de cajou (production, transformation et commerce) par les décideurs politiques africains.

Pour ce faire, le rapport recommande, entre autres, le soutien à la recherche publique pour identifier les meilleures pratiques et technologies agricoles, ainsi que le renforcement de la capacité des transformateurs de noix de cajou à répondre aux normes de qualité imposées sur les marchés étrangers.

(Dr Ange Ponou / Sika Finance)