• lun. Juil 4th, 2022

LA CRISE REBONDIT EN LIBYE: LE PARLEMENT VOTE UNE MOTION DE CENSURE CONTRE LE GOUVERNEMENT.

ByAssi Nestor

Sep 24, 2021

Le Parlement a voté mardi une motion de censure contre le gouvernement du Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, 2 semaines après la ratification d’une loi électorale favorisant l’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar, au grand dam des autorités de Tripoli. La motion de censure a été votée par 89 députés sur les 113 présents.

Ce vote a été accueilli “avec inquiétude” par la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul). “La tenue des élections présidentielles et parlementaires le 24 décembre 2021 doit rester l’objectif primordial”, a-t-elle martelé. La Manul va plus loin encore lorsqu’elle “confirme” que le gouvernement actuel reste légitime jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un autre dans le cadre d’un processus ordonné après les élections”.

“Je réaffirme notre détermination à poursuivre ce que nous avons commencé”, a pour sa part réagi le Premier ministre Dbeibah.Il s’est ensuite rendu à la Place des Martyrs, au coeur de Tripoli, où il s’est offert un bain de foule au milieu de dizaines de ses soutiens rassemblés. Il a salué les députés “honorables qui ont rejeté cette mascarade de motion de censure”. Il a aussi appelé à la “chute du Parlement”.

Le Haut Conseil d’Etat (HCE), instance faisant office de Sénat, a lui aussi jugé la motion de censure “nulle”. “Notre objectif, c’est la tenue des élections. Nous ne souhaitons pas donner d’importance à tout ce qui peut entraver cet objectif”, a dit le président du HCE, Khaled el-Mechri, en visite à Rabat.

Surmontant les années de guerre, le gouvernement d’Abdelhamid Dbeibah avait obtenu en mars le vote de confiance au Parlement et pris ses fonctions sans heurts. Au côté d’un Conseil présidentiel de 3 membres, il avait été chargé de mener à bien la Transition. Mais depuis, le Parlement n’a jamais organisé de vote sur le budget du gouvernement, tandis que les divisions ont refait surface. Dernier épisode en date, la ratification le 9 septembre d’une loi électorale taillée sur mesure pour Khalifa Haftar. Signé par le chef du Parlement sans être soumis à un vote, le texte a été accueilli par un déluge de critiques de députés.L’article qui concentre les critiques stipule qu’un militaire (comme Haftar) peut se présenter à la présidentielle, à condition d’abandonner “ses fonctions trois mois avant le scrutin.” Et,”s’il n’est pas élu, il pourra retrouver son poste et recevoir ses arriérés de salaire”.

Assayie.net