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CONSERVATION FORESTIERE IVOIRIENNE: LA SODEFFOR, DESORMAIS INCONTOURNABLE

ByAssi Nestor

Jan 4, 2022

La  Société de développement des Forêts (Sodefor)  a 55ans. Un peu plus d’un demi-siècle d’existence, qui l’autorise à revendiquer sagesse et surtout expérience, accumulées au cours de toutes ces années pendant lesquelles, elle s’est employée à sauver de la destruction massive et irréversible, toutes les forêts classées, dont la protection et l’entretien lui ont été confiées. Aujourd’hui, sans pour autant s’enorgueillir outre mesure, elle peut tout le moins affirmer être désormais devenue, une entité incontournable, dans la politique nationale de la conservation forestière ivoirienne, avec 234 forêts classées  à sa charge. Une affirmation fortement prouvée par l’ensemble des résultats, au  demeurant excellents  que la Sodefor affiche à travers ses différentes activités.

 20.000 ha de Forêts sauvés des pratiques agricoles clandestines

Que seraient devenues les forêts classées ivoiriennes, si la Sodefor n’avait pas existé ? Question déterminante à laquelle l’on ne peut que répondre qu’il aurait fallu la créer tout simplement. Tant les résultats qu’elle affiche au niveau de ses activités de protection sont notables et rassurantes.  C’est que la Sodefor a très tôt compris, tout l’intérêt de cette activité, dont la finalité noble en soi est bien celle attendue par tous. A savoir le maintien, la sauvegarde et la conservation des différents massifs forestiers à elle confiée.  De multiples stratégies ont alors été développées à cet effet, en vue de protéger au mieux les forêts.  Elles ont moult fois fait l’objet d’oppositions souventes fois conflictuelles ici et là, de la part des populations riveraines de ces forêts, mais sans  jamais réussir à faire reculer la Sodefor ; dans sa détermination continue de sauver ses 234 forêts classées de la destruction tous azimuts.  Toutefois, la Société a toujours eu le souci d’impliquer ces différentes populations à la conservation forestière. Sans pour autant rompre avec le très classique contrôle effectué par les patrouilles organisées en permanence. Et  par l’entremise desquels sont fréquemment débusqués des exploitants clandestins de bois, des exploitations agricoles  aménagées illégalement, ainsi que des orpaillages non autorisés. En  2013, l’activité de  protection  va amorcer un tournant décisif avec l’élaboration d’un programme spécifique de destruction systématique des nouvelles plantations de café et de cacao clandestinement aménagées en pleine forêt.  Il  résultera des différentes opérations  menées à  ce titre et dont la grande première a eu lieu dans la forêt classée de la Niégré  ( Sassandra), la destruction de 20.000 ha de  jeunes vergers de cacao notamment.  Ainsi que la délocalisation de populations ayant infiltré une quarantaine de forêts classées, de même que l’interpellation de  223 personnes mises en cause, dont 30 ont écopé d’une condamnation judiciaire.

 A ce jour,  la Société de développement des forêts, usant  des prouesses du numérique a modernisé son système de protection en adoptant l’usage des drones et des images satellitaires de hautes résolution. Si l’on ajoute à cela, la collaboration toujours manifeste et encouragée des populations, qui ont au fil des années pour la plupart, compris le bien fondé des actions de protection, « cette combinaison permet aux agents de terrain, d’intervenir en temps réel, de jour comme de nuit, pour lutter efficacement contre les nouvelles infiltrations donnant lieux à des défrichements des exploitations de bois et à l’orpaillage clandestins », explique le Colonel  Major Mamadou Sangaré, Directeur général de la Sodefor.    L’ensemble de toutes ces actions de protection aura permis de régénérer le couvert forestier et de favoriser le retour des animaux indispensables au maintien de l’équilibre écologique dans plusieurs forêts classées. Notamment celles du Cavally, de la Niégré, de Yalo, de Port Gauthier, de Mopri, de Suitoro et de Badikaha. Dans le cas précis de la forêt classée de la Niégré, sept ans après le déguerpissement des paysans, la couverture forestière a enregistré une croissance de 14%, pendant que la superficie des cultures pérennes encore en exploitation, a baissé de 11%. Dans le même temps, il s’est opéré un retour remarquable de certains animaux : éléphants, colobes etc

Moussa  Touré/Assayie.net